5 - Le 5S

Le 5S est sans doute l'outil le plus connu du Lean. Outil simple, il va permettre d'impliquer les équipes dans la démarche et, bien utilisé, va vous permettre d'obtenir des résultats tangibles et mesurables rapidement.

Définition

Le 5S est une méthodologie visant à améliorer l’espace de travail en le réorganisant via l’ordre et le rangement. Le 5S tire son appellation de :

               

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  • Seiri (整理) : Enlever, trier, débarrasser, éliminer, supprimer l’inutile...
  • Seiton (整頓) : Ranger, situer, arranger, ordonner, classer...
  • Seiso (清掃) : Nettoyer, scintiller, brosser...
  • Seiketsu (清潔) : Ordonner, rendre visuel, standardiser, généraliser, rationaliser...
  • Shitsuke (躾) : Maintenir, être rigoureux, progresser, enraciner, discipline...
   
   

Mettre en place le 5S est permet de garantir les conditions de base pour effectuer un travail efficace.

Logo 5S

Historique

Les origines du 5S sont floues. Nous pouvons approcher le 5S du CANDO1 de Henry Ford (Cleaning up, Arranging, Neatness, Discipline, Ongoing Improvement) ou encore auprès de Seiichi NAKAJIMA, le père de la TPM.

 

« Il y a deux façons d’améliorer la production. La première consiste à améliorer l’organisation du travail en établissant des procédures standards, en redistribuant le travail et en faisant en sorte que chaque chose soit à sa place et que l’ordre et la propreté règnent dans les ateliers. » - Taiichi OHNO2

 

D'autres origines seraient elles américaine3 : Durant la seconde guerre mondiale et pour soutenir l'effort de guerre américain, fut créé le programme de formation TWI (Training Within Industry) consistant à apprendre aux agents de maîtrise à former leur personnel - des femmes, des ouvriers non qualifiés, en remplacement des hommes mobilisés - au poste de travail, en pratiquant sur le tas. Au sein des procédures de la TWI, ils étaient mis en avant 6 étapes :

Eliminer, Combiner, Réarranger, Simplifier, Développer, Améliorer.

 

A l'époque de la TWI, le terme utilisé était alors le "Housekeeping". Ce terme originel vise à responsabiliser l’employé sur la tenue de son poste comme si s’était sa propre maison.

Objectif

Historiquement, les 5S était donc une méthode permettant d'avoir un poste plus propre et mieux rangé, permettant de faire un travail plus productif. Il a évolué au travers de la TPM4, comme étant un outil phare permettant de faciliter la détection des problèmes. Au delà de ces 2 points clés, le 5S impacte un panel très large d’indicateurs sur des domaines variés. Nous retrouvons :

  • Réduire la non qualité.
  • Réduire les pannes.
  • Augmentation de la productivité.
  • Faciliter le management quotidien.
  • Réduire les Muda de manière générale.
  • Réduire les surfaces utiles.
  • Standardiser le travail des équipes.
  • Améliorer le respect de l’environnement.
  • Réduire les risques au travail et les TMS.
  • Montrer aux équipes que le management prend en compte leurs remarques.
  • Rendre « benchmarkable » et « visitable » le site en améliorant la propreté générale.

 

Comme à l'accoutumé, la situation après 5S sera comparé à la situation avant en effectuant un test d'hypothèse. On pourra ainsi valider que statistiquement, les résultats obtenus sont probants et bien dû au projet.

 

Ce que le 5S n'est pas !

Le 5S n'est pas une démarche d'entreprise de type 0 papiers. Cela va au delà que de la consommation de papiers, mais y participe toutefois.

Le 5S n'est pas le grand nettoyage de printemps. Il est standardisé et maintenu dans le temps.

Le 5S n'est pas du temps supplémentaire pendant le travail. Au contraire, le 5S doit permettre de gagner du temps.

Jeu 5s

5S Game


Sort

Straighten

Shine

Standardize

Sustain


Avez-vous besoin d’un 5S ?

« Ça peut toujours servir !» « Où ai-je bien pu ranger cette pièce (cet objet, cet outil.) ? » Autant de phrase que nous avons tous pu dire que ce soit dans notre vie personnelle comme professionnelle.

D'une manière générale, nous emmagasinons tous. Dans notre garage ou sur notre bureau, il y a toujours des éléments qui sont stokés.

Chez soi ou au travail, nous accumulons des choses inutiles de 2 manières différentes :

  • Volontairement suivant le principe du « cela peut toujours servir ». Les bricoleurs et les personnes des services entretien en sont les spécialistes. Le problème est qu'en général au moment de se servir du bien précieusement mis de côté, personne ne se souvient où il a été « rangé ».
  • Involontairement en laissant les choses à leur place et en négligeant, soit de les remettre en place, soit de les jeter si elles sont inutiles.

  

La mise en place d’un projet 5S ne relève pas du hasard. Au delà de critères de sélection liés à votre contexte et stratégie, vous avez sans doute besoin d’un 5S si :

  • Les ateliers et les bureaux sont sales et mal rangés
  • Les temps de recherches des dossiers, outils... sont longs
  • Il y a un manque de place
  • Les tiroirs ou armoires sont pleins, les standards et documentation ne sont pas à jour ou pas présent
  • Vous avez l'impression de ranger tout le temps, mais vous avez aussi l'impression de toujours avoir à ranger. En japonais, on parle alors d'activité "Katazuke" : il s'agit d'activité cyclique de rangement. Mais celle-ci ne sont pas assez "poussé" pour pouvoir vous mener au réel 5S. Au mieux, elles vous permettront d'avoir un premier niveau de rangement vous permettant d'aller plus vite dans la mise en oeuvre du 5S.
  • ...

Le 1er S : Trier

Seiri est l’étape qui va permettre de ne garder sur le poste de travail uniquement ce qui est utile et nécessaire. Pour cela, vous allez tout d’abord, prendre des photos de l’état initial. Vous en ferez régulièrement tout au long du processus de projet pour avoir une « sauvegarde » de l’état précédent et pouvoir procéder à des comparaisons avec des données. Ensuite, vous allez :

1/ Mettre en place une zone 5S

Il s’agit d’un espace délimité et proche de la zone de projet dans lequel vous allez entreposer l’ensemble des éléments devenus inutile.

2/ Faire l’inventaire de TOUS les éléments présent au poste

Utilisez pour cela une liste d’inventaire.

3/ Faire un tri simple et « évident »

En séparant les objets inutiles, utiles ou indéterminés. Posez vous à chaque objets, ces questions :

  • Cet objet est il utile ?
  • S’il est utile, l’est il dans cette quantité ?
  • S’il est utile, l’est il à ce poste ?
  • Qui est responsable de cet objet ?
  • Ce document a t'il une valeur légale ?

 

4/ Pour les objets « indéterminés », mesurer pendant une période leurs fréquences d'utilisation.

L'on utilise généralement la méthode des étiquettes : chaque objet est muni d'une étiquette sur laquelle pendant la période donnée, nous allons noter la date d'utilisation, l'opération, la durée et l'utilisateur. A la fin de la période, vous aurez pu déterminer l'ensemble des objets selon l'une des deux catégories possible : utile ou inutile. Si le choix n'est toujours pas possible, dans ce cas, il faut reconduire la période.

5/ Recycler les objets inutilisés

Traiter l’ensemble de la zone 5S et décider du devenir de chacun des objets. Vous pouvez les redistribués sur d’autres postes, les revendre à des partenaires ou sous-traitant ou enfin les recycler / jeter.

Que ce soit dans cette étape ou dans toutes les autres, le travail de tri, de choix... doit se faire avec l’accord des équipes opérationnelles. Il faut ainsi prêter attention au fait de bien supprimer tout ce qui peut l'être et ne pas garder d'objets « peut être » utile.

T. Osada explique que jeter est un art5 : « Yuji Aida, professeur à l'université de Kyoto s'organise selon ce qu'il appelle la méthode Aida. Il estime que garder indifféremment les objets et les informations prend de la place et cause un surcroît de travail, de sorte qu'il faut absolument se débarrasser de ce dont on n'a pas besoin. Lorsqu'il se rend chaque jour à l'université, il prend le courrier dans son casier et y jette un coup d’œil dans les escaliers et les couloirs qui le mènent à son bureau. Tout en marchant, il trie les lettres qu'il veut garder et celles qui n'ont pas été retenues lors de ce premier tri vont directement au panier placé à côté de la porte d'entrée. Il constate souvent qu'il n'a plus rien en main lorsqu'il s'assoit enfin à son bureau. L'organisation est l'art de savoir jeter. »

Le 2ème S : Ranger

Seiton doit vous permettre d’organiser l’espace de travail de manière à s'accorder avec une phrase bien connu de tous :

 

Astuce Wikilean

"Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place" - Samuel Smile (1812 - 1904)

Ecrivain anglais et réformateur polique, il développa une théorie sur le fait qu'il est plus efficace de changer d'habitudes que de changer les lois. Il proclama en particulier que la pauvreté est largement causée par des habitudes irresponsables. Cette phrase tirée de son livre THRIFT, il la donne pour expliquer qu'autant un homme d'affaire qu'une dame de maison doivent être ordonnée et systématique et ainsi " There must be a place for everything, and everything in its place ".

On retiendra que Sakichi Toyoda a été influencé par Samuel Smile, et qu'un exemplaire de son best seller "Self Help" se trouve au musée Toyota.

1/ Identifier les fréquences d’usages de chaque objet

En reprenant le listing des objets utiles, vous pouvez identifier leur fréquence d’usage en heure, jour... Eventuellement, on pourra s'aider d'un Diagramme Spaghetti pour clarifier le niveau d'usage des objects. Ceci doit vous permettre de déduire si l’objet doit être sous la main, à proximité, plus loin... Pour autant, même plus loin, celui-ci doit pouvoir se retrouver facilement.

2/ Choisir les emplacements les plus appropriés

Le stockage des objets doit être prévu pour en assurer la qualité d’usage, réduire la pénibilité et faciliter leur accessibilité. Regrouper les éléments par fonction, position dans le processus, secteurs ou encore difficulté de manipulation.

La chat range

3/ Choisir le type de rangement le mieux adapté

En ayant connaissance de leur utilité et de leur fréquence d'usage, vous allez pouvoir définir la manière de les ordonner. Vous pouvez par exemple choisir de les ranger par fragilité, verticalement, horizontalement, poids, volume...

Une méthode simple de sélection consiste à utiliser la méthode ABC. En utilisant 3 classes, vous allez pouvoir déterminer le rangement des objets.

Exemple avec la fréquence de rangement :

Fréquence d'usage

Au poste

A proximité

Au magasin ou plus loin

Quotidien

Oui

Peut être

Non

Hebdomadaire

Peut être

Oui

Non

Mensuel

Non

Non

Oui

 

Exemple avec le poids des pièces :

Poids des pièces

En hauteur

A hauteur

En bas

< 1kg

Oui

Peut être

Non

1 kg < X < 10 kg

Peut être

Oui

Non

10kg <

Non

Non

Oui

Quelques astuces consistent à par exemple enlever les portes des armoires ou encore d’incliner les étagères pour éviter de repositionner d’autres outils dans l’avenir.

4/ Remettre en état

L'étape de rangement n'est pas seulement le fait de choisir les emplacements. Un véritable 5S demande d'aller plus loin que cela. En effet, lors de cette étape, on également identifier l'état de bon fonctionnement des pièces que nous gardons au poste. Si cet état nominal n'est pas connu, alors on va travailler en équipe pour l'identifier clairement et le documenter. Dans le cas où l'état nominal est connu, on va alors s'assurer que les pièces que nous allons ranger sont dans cet état ou alors prendre le temps de les réparer. Il en effet inutile de ranger des pièces qui ne sont pas en état de bon fonctionnement.

Le 3ème S : Nettoyer

Seiso, traduit par nettoyer, doit permettre de mettre en place l’ensemble des processus de nettoyage pour garder dans le meilleur état possible le poste de travail. Pour cela, vous allez :

1/ Nettoyer l’ensemble du poste

Attention tout d’abord à s’assurer que les machines sont hors tensions, que les produits utilisés sont adéquats et que pour certaines machines, uniquement les personnes habilitées peuvent les nettoyer.

2/ Nettoyer et inspecter

Veillez à identifier chacune des sources de salissures (via le 5 pourquoi ou la matrice causes/effets par exemple) pour mettre en place des solutions permettant d’éviter le nettoyage. Car Nettoyer, c'est avant tout éviter de salir. Cette étape de nettoyage doit permettre d'identifier les sources de salissures pour les éradiquer et éviter ainsi de salir. Par exemple, il faut éviter les soufflettes qui répartissent la salissure ou encore, vous pouvez peindre en blanc les objets ce qui facilitera la détection des salissures.

3/ Organiser la routine de nettoyage

Il faut comprendre l’intérêt à ce que ce soit vous qui fassiez le nettoyage. En effet, une société de nettoyage se « réjouit » de la saleté, il faut connaître le poste pour détecter et traiter les anomalies, et pour vous responsabiliser à la tenue du poste. Organiser ce nettoyage, c’est mettre en place des standards spécifiant :

  • Quoi ? : ce qu’il faut nettoyer, graisser et inspecter.
  • Qui ? : qui est chargé de le faire.
  • Où ? : les limites du secteur considéré.
  • Quand ? : la fréquence à respecter.
  • Combien ? : la durée et la quantité.
  • Comment ? : les moyens et les méthodes à appliquer.
  • Pourquoi ? : le but à atteindre, le plus souvent illustrer par des photos.

 

Astuce WikiLean

Pourquoi nettoyer après avoir ranger ?

Le Seiso va plus loin que le simple nettoyage. L'étape Seiso doit permettre de nettoyer en inspectant et en mettant en place les routines de nettoyage. Faire cela est donc plus facile lorsque les rangements sont déjà prévus permettant ainsi d'adapter le type de nettoyage et les inspections à faire.

Le 4ème S : Standardiser

Seiketsu doit vous permettre de faciliter le maintien du niveau de performance obtenu en rendant « standard » le niveau en mettant en place le Management Visuel. Pour cela, vous allez :

1/ Rendre évident l’ensemble du poste

Autrement dit, mettre en place le management visuel. Cela passe par l’identification de l’ensemble des emplacements des objets, de mettre en place des indicateurs visuels (zone de danger, code couleur de lecture d’un manomètre...).

 

Signaler les Dangers

Signaler les risques

Signaler les dangers

Signaler les risques

2/ Elaborer les règles

Pour l'ensemble de l'entreprise, vous devez identifier les règles de management visuel et les types et formats de standards (règle de nettoyage...).

3/ Former le personnel aux nouveaux standards

Pour chaque standard, il faut prévoir un temps de formation pour l’ensemble des personnes impactés par ceux-ci. Il faudra aussi veiller à valider et maintenir ces acquis.

Cette étape est essentielle dans la mise en place d'un 5S. Elle doit permettre d'éditer les règles de fonctionnement en particulier par la mise en place des concepts du management visuel. Vous devez donc sélectionner des logos, couleurs... standards dans votre société et les concevoir de manière à être facilement lisible.

Attention toutefois à respecter les éléments réglementaires : rouge sécurités, jaune au protections...

Le 5ème S : Maintenir et améliorer

Shitsuke, dernière étape du 5S, vise à mettre en place les processus de maintien et d’amélioration du niveau obtenu. Nous sommes là sur l'étape essentielle du 5S. Il ne servira en effet à peu de chose de mettre un poste en 5S si celui-ci revient à son niveau précédent au bout de quelques semaines. L'enjeu est donc de pouvoir mettre en place les processus permettant le maintien du niveau obtenu et de rendre ainsi « normal » le niveau de fonctionnement. Il est également essentiel que cette étape de maintient et la mission de TOUS : personnel du poste, nouveau personnel, management...

1/ Appliquer et faire appliquer les standards

En développant l’auto-discipline et en s’appuyant sur les résultats et satisfactions obtenus. Concrètement, vous allez pouvoir organiser 1 ou plusieurs séances de sensibilisation/formation, pour montrer aux équipes les bienfaits du 5S.

2/ Mettre en place des règles de comportements 5S

Par exemple, chaque soir ranger son poste de travail en ramassant tout ce qui traîne et en rangeant les armoires, tiroirs...

3/ Elaborer et animer des audits

Qu'ils soient hebdomadaire, mensuel, 360°, de direction..., il faut les mettre en avant via un indicateur de suivi.

 

Astuce WikiLean

Veillez à respecter quelques bonnes pratiques des audits :

  • Eviter les notes médianes
  • Penser à mettre en place des coefficients
  • Faites en sorte que les auditeurs soient différents : opérateurs, maîtrise, cadre, direction...
  • Pensez aussi aux audits « surprises » pour éviter l’effet « coup de balai »
  • Afficher les résultats de manière visuelle (rouge/vert)

4/ Améliorer les standards

En passant par un système de suggestion et en traitant les anomalies détectés lors des audits, vous pourrez mettre en place une réelle gestion des anomalies (plan d'actions partagés, étiquettes rouges...).

Cette étape est sans nul doute la plus complexe. Il faut de la persévérance, de la rigueur, une réelle motivation et l’implication de la direction. Seul, ce maintien pourra vous permettre de connaître les véritables gains apportés par la mise en place du 5S et soutenir le changement de culture.

5S et Muda

Mettre en place des projets 5S, c'est utiliser une des « portes » les plus simples pour chasser les gaspillages de l'entreprise.

5S et Surproduction

Le 5S va vous permettre de mettre de l'ordre au sein de vos postes, vos bureaux ou encore vos magasins. Ainsi, dans le cas de surproduction, le 5S va permettre de mettre en avant cette surproduction. Les postes étant ainsi étudiés pour « contenir » ce qui est nécessaire pour une bonne production, en cas de surproduction, les éléments « surproduits » seront donc en dehors des zones définies.

Surproduction

5S et attente

Au quotidien, nous sommes en attente d'une consigne, d'une machine, d'une donnée, d'un collaborateur... D'une manière générale, le 5S participe au fait de gagner en productivité en évitant de passer trop de temps à chercher des éléments. Réduire ces temps de recherche, c'est donc réduire les temps d'attentes de tous.

Attente

5S et transports

Lors d'un projet 5S, vous standardiserez l'usage de l'ensemble des équipements, outillages... En conséquence, vous aurez sans doute dors et déjà moins besoin de transports puisque qu'il y aura moins de choses à transporter. De plus, vous pourrez standardiser l'utilisation des éléments de transports (transpalette...) en identifiant des zones de stockages, de stationnement, de maintenance...

Transport

5S et Stock

Lors de la première étape du 5S, vous pourrez supprimer l'ensemble des stocks de pièces, consommables, outillages... qui encombrent les ateliers et les bureaux. En outre, vous pourrez mettre en place une gestion standardiser de ces éléments. 
Exemple des ramettes de papiers : lors d'un projet 5S, vous pourrez sans doute découvrir des ramettes de papiers un peu partout. En les rassemblant sur un lieu et en gérant les stocks par un Kanban simple, vous pourrez ainsi réduire les stocks.

Stock

5S et processus

Le 5S ne s'applique pas simplement aux objets. Il est applicable, de la même manière dans les processus. Au fur et à mesure du temps, les procédures se complexifient et voient ainsi la naissance de processus devenu inutile. Le 5S vous permet de supprimer ces processus inutiles.

Processus

5S et mouvements

Dans le cadre d'un 5S, le travail sur l'ergonomie du poste est un point prépondérant. A ce titre, on travaille donc sur le fait que les éléments soient sous la main et toujours présent en quantité suffisante. On réduit donc automatiquement un certain nombre de Muda de mouvements.

Mouvement

5S et Non qualité

Lors d'un 5S, on va travailler également sur des aspects de qualité de production. Typiquement, en repensant l'organisation du poste, vous allez sans doute mettre des éléments « amortissant » sur les zones de stockages de produit pour éviter les rayures. En gérant de manière plus visuelle les ingrédients, vous allez réduire les problématiques de gestion des dates de péremptions...

Non Qualité

5S Office et Manufacturing

En Office, le 5S s'applique de la même manière que lors d'un 5S dans un atelier de travail. La notion d'Office englobe tant les bureaux que l'ordinateur en tant que tel. Ainsi, il est facile de transposer le 5S sur ces domaines où vous pourrez obtenir des résultats semblables si ce n'est meilleurs.

5S Office Bureaux

 

Prenons l'exemple d'un document Qualité :

  • Dans un atelier, même mal rangé, vous arriverez sans doute à retrouver le classeur et les documents qualités nécessaire. Le 5S vous permettra simplement de pouvoir plus facilement les retrouver et de gérer plus facilement leurs mises à jours.
  • Dans un bureau, le document est peu être dans un tiroir, une armoire ou aux archives...Le 5S peut vous permettre de standardiser les rangements et de rendre plus visuel les bureaux : étiquetage, suppression des armoires fermés, emplacements standardiser...
  • Dans un ordinateur, ces mêmes documents peuvent ne pas se retrouver. Intégrer dans une arborescence souvent très complexes, nommés d'une manière par forcément standard, il est possible que vous ne puissiez même retrouver votre document.

 

Qui plus est, nous avons souvent plus tendances à stocker des données immatériels dans un ordinateur car cela ne prend pas de place. Néanmoins, nous en complexifions encore plus le processus pour retrouver le bon document à jour.

Ainsi, mettre en place un 5S dans vos ordinateurs peut avoir des résultats spectaculaires sur la productivité globale. Vous gagnerez en stockage (augmentant les coûts et la gestion) et vous réduirez les temps pour retrouver vos documents.

Voici ci-dessous une transposition du 5S dans un ordinateur :

  1. Oter l'inutile : trier les documents et dossiers inutiles ou pas à jour. Supprimer les documents obsolètes
  2. Ranger : concevez une arborescence permettant de faciliter l'échange et la recherche d'informations. Garder les documents utiles sous la main et mettez les autres dans des dossiers d'archives ou « plus loin »
  3. Nettoyer : supprimer les sources de « pollutions » par exemple en vous désabonnant des mailings inutiles. Mettez en place des règles d'envois de mail ou d'enregistrement de documents pour éviter les doublons.
  4. Standardiser : mettez en place des règles claires et connus de tous pour nommer et classer les documents. La date de dernière mise à jour doit être facilement accessible et les règles d'utilisation doivent être claire par exemple pour éviter que 2 personnes travaillent en même temps sur un même fichier.
  5. Maintenir et améliorer : mettez en place des audits régulier pour évaluer le niveau de la tenue des standards. Traitez les anomalies et améliorer si nécessaire.

 

Encore peu répandu, le 5S Office est aujourd'hui un enjeu majeur dans nos sociétés de plus en plus « dépendantes » de l'informatique. Que ce soit pour les sociétés industrielles ou de service ou encore l'administration, le 5S Office peut apporter à tous des résultats concrets et importants.

5S et management du changement

Le 5S est incontournable dans une démarche de changement. Tout d'abord, parce que son concept est simple à comprendre et à mettre en œuvre. Ce qui rend facile la communication autour de cet outil. Ensuite, parce que ces résultats sont facilement visibles et mesurables ce qui rend d'autant plus facile sa justification.

Enfin, et surtout..., le 5S met au centre de réflexion les opérationnels. Sa première préoccupation est en effet de s'appuyer sur les équipes pour repenser leur environnement de travail. C'est lors de ces projets que les équipes peuvent communiquer leurs difficultés du quotidien dans le travail et que sont considérés ces remarques. Nous sommes dans le cadre d'une action participative ou les équipes sont impliqués directement dans l'analyse et la mise en place de solution pour améliorer le cadre de travail. Autrement dit, le mieux est de systématiquement faire en sorte que les solutions soient des solutions du groupe de travail et non de l'animateur.
Par ailleurs, le 5S prend en compte de nombreux paramètres pour faciliter la vie des équipes. Rappelons que les objectifs premiers sont de réduire les déplacements, les tâches inutiles, les poids des éléments... et par conséquent de rendre le travail moins pénible.

Pour ces raisons, le 5S est un outil majeur dans une démarche de changement de culture. Bien souvent, ce sera le premier outil à mettre en œuvre dans l'entreprise.

Source

1 - C. Gergen (2010) - The quality paradigm : why you and your business need it to succeed

2 - T. Ohno (1978) - Toyota Seisan Hoshiki

3 - C. Hohmann (2010) Guide pratique des 5S pour les managers et les encadrants

4 - K. Shirose (1984) -  Le guide TPM de l'unité de travail

5 - T. Osada (1993) - Les 5S. Première pratique de la qualité total

T. Fabrizio, D. Tapping (2006) - 5S for the office : organizing the workplace to eliminate waste

E. Moulding (2010) - 5S : a visual control system for the workplace

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